SIXIEME SESSION
J'ai eu le plaisir de voir le téléfilm "la vie à une", qui était génial par ailleurs, et j'aurais aimé savoir comment s'était déroulée la scène ou Elisa doit malgré elle gagner une course en accrobranche, avez vous joué la scène en entier ? Aimez vous ce genre de sport ?Claire, à l'école quelle était pour toi la (ou les) matière que tu aimais le
moins ?
En fait ça dépendait des années... et des profs ! Je me souviens
m'être soudainement passionnée pour la biologie en 4ème car je trouvait le
monsieur qui enseignait cette matière très très beau et mystérieux. Sinon, je
n'ai jamais été très copine avec les maths, ni avec l'économie en seconde, mais
vraiment je crois que ça repose beaucoup sur le prof, il y a des gens qui savent
trouver les mots pour garder l'attention et l'intérêt des élèves.
Si un jour Natasha St Pier te proposais de faire un duo avec elle, accepterais-tu
?
Biensûr !, même si ce n'est pas forcément la musique que j'écoute, par
exemple, quand Marc m'a proposé le duo je n'étais pas non plus une fan de la
première heure, je le suis devenue ! J'aime beaucoup rencontrer d'autres univers
musicaux et m'y lover, avec Natasha pourquoi pas, ce serait un honneur , et un
plaisir j'en suis persuadée.
Te reconnais tu dans l'image que les medias donnent de toi (que ce soit à la TV
ou dans les magazines) ?
Penses-tu qu'avec les années leur vision à changé
?
Je dirais plutôt non, en tout cas certainement pas dans les magazines
ou la plupart du temps je trouve des phrases que je n'ai pas prononçées, à la tv
c'est déjà plus "moi", à part le maquillage et la coiffure qui m'avantagent bien
sûr, pour la presse écrite je commence à ne plus me laisser faire et désormais
je demande un droit de regard sur l'interview quand il s'agit de récidivistes
,certains m'ont presque toujours fait dire des choses incongrues, je me méfie
aussi d'un hebdo qui titrait il y a 2 ans "claire keim : confession amoureuse"
alors que je n'évoquais en rien ma vie sentimentale dans l'article, il faut être
prudent, je ne sais pas qu'elle est mon image, je me vois tantôt présentée comme
une fille simple, sympathique, tantôt comme une bimbo écervelée, c'est le jeu,
c'est un peu douloureux parfois, je deviens un peu parano avec les journalistes
et je suis beaucoup moins spontanée qu'avant, car une petite phrase anodine peut
vite se retrouver en titre, j'en ai fait l'amère expérience...
Ma vie privée
a bien sûr changé un peu la donne, quand on vit avec une personnalité qui
véhicule une image forte on est forcément plus observé, le fait qu'il est changé
de vie a aussi posé sur moi un regard inquisiteur même si je n'étais en rien
responsable de ce changement, j'en ai souffert un peu, mais malheureusement je
n'y peux rien, et je ne veux pas rentrer dans l'engrenage des interviews aux
médias, à qui je ne dois aucune explication, ce serait du pain béni pour eux.
Moi je sais qui je suis, ce que je fais, j'essaie de ne rien faire qui choque ma
propre conscience, pour le reste, je crois comme je l'ai déjà dit qu'on en
apprend toujours plus sur la personne qui pose les questions que sur celle qui y
répond !
Comment réagis tu quand tu te vois toi-même sur les écrans
?
La plupart du
temps je me désespère, le seul film dans lequel je me trouve pas trop mal c'est
"le Roman de Lulu", mais je crois que l'histoire est si forte qu'elle me permet
de passer au dessus de mes préjugés sur moi-même, sinon c'est un calvaire et
j'évite de me regarder, bon ce soir mes parents sont là, donc je crois que je ne
vais pas pouvoir y échapper...mais il y aura sans doute un peu de vaisselle à
faire, donc...
Claire quel est ton dessin animé préféré
?
Le premier souvenir vraiment marquant c'est "Bernard et Bianca", ensuite
viennent "Rox et Rouky" et enfin, "Les mystérieuses cités d'or" que je regardais
chez ma grand-mère en rentrant de l'école. Mais j'ai une tendresse particulière
pour les vieux Disney que nous projetait un ami de ma mère au club de plongée ou
elle s'entraînait le vendredi soir, on y découvrait des petits films noir et
blanc qui m'émerveillaient.
Quel est la qualité que tu apprécies le plus et le défaut que tu détestes chez
les autres ?
J'aime que les gens soient curieux, c'est à dire qu'ils
s'intéressent à ce qui les entourent et que si possible ils s'émerveillent
souvent, c'est pour moi le gage de personnes qui ont su rester connectés avec
leur âmes d'enfants.
Je déteste le cynisme , souvent des gens qui sont
défaitistes, négatifs et qui sourient d'avance d'assister à des drames sans
chercher à les éviter. La plupart du temps ces personnes cumulent avec un
sentiment de supériorité et un côté donneur de leçon qui m'exaspère.
Claire, lorsque tu étais à l'école primaire, étais tu du genre attentive ou
dissipée. Et pendant les récréations, plutôt solitaire ou le centre de toutes
les attractions ?
Je crois que j'étais plutôt du genre dissipée, mais de
ces enfants qu'on qualifie de "vivants" ! Je participais comme on dit, mais je
bavardais aussi beaucoup et j'étais souvent punie, je me souviens aussi que nous
organisions d'énormes ribambelles d'enfants dans la cour en criant des
"qui-veut-jouer-à-la-balle-au-pri-so-nnier-aaaa-vec-noooooooooooouuuuuus".... et
souvent, le temps de rameuter tout les participants, la cloche sonnait, et nous
devions regagner la classe... J'étais une enfant normale, mes genoux toujours
plein de bobos car j'aimais plus que tout jouer au billes et pour ça il ne
fallait pas avoir peur de finir couché sur le béton pour sauver un gros calo
coinçé entre deux racines de marronnier. Je me disputais souvent avec la même
fille, elle était beaucoup plus grande que moi et c'était la fille de la
maîtresse de l'autre cm2, du coup, j'étais souvent au coin dans le préau pendant
la récré, c'est peut-être de là qu'est née ma haine de l'injustice. Je n'étais
pas encore très coquette, du coup, les garçons aimaient bien m'inviter à leur
anniv's avec ma copine Alice pour pouvoir nous enfermer dans des "prisons" genre
abri de jardin ou placard, le but étant de faire des équipes de gardiens et
d'autres de libérateurs. On soudoyait les gardiens et on allait attaquer les
réserves de bonbons dans la cuisine pendant que tout le monde nous cherchait...
la solitude est venue plus tard dans ma vie, lorsque j'ai quitté mes parents à
16 ans et que je me suis retrouvée dans ma petite chambre de bonne à Paris, à
l'époque, pas de portable, à peine les débuts du bee bop ( mais si rappelez vous
,cet ancêtre du mobile qui ne fonctionnait qu'en restant collé à une borne...!)
là j'ai commencé à sentir vraiment ce qu'était " vivre seule". Mais dans mes
jeunes années, j'ai toujours adoré la compagnie des autres, et j'ai de bons
souvenirs du primaire.
