OHLA! N°305 - Du 21 au 27 juillet 2004
"J'aimerais être vaincue par l'amour"

La star de l'été, c'est elle. Dans la série de TF1, elle s'impose comme une évidence. Sa beauté et son jeu tout en nuances font craquer des millions de téléspectateurs. Seul l'amour manque encore à son bonheur, mais l'héroïne de "Zodiaque" croit en sa bonne étoile/
Quand elle pousse la porte de ce café des Champs-Elysées, tous les regards se tournent vers elle. Claire n'y prête pas attention. Souriante, elle s'excuse pour son retard et commande un thé. Sa spontanéité crée immédiatement un contact chaleureux. Travail, amour, bébé, solitude, mode... Elle se confie sans détour et l'interview prend des allures de discussion entre filles.
Vous crevez l'écran dans Zodiaque. Vous êtes fière de votre succès ?
Je suis très fière d'avoir senti, à la lecture du scénario, qu'il y avait une matière très audacieuse. Après, les six mois de tournage se sont tellement bien passés qu'on s'attendait fatalement à une déception, tôt ou tard. Le plébiscite du public est l'ultime cadeau.
Ressemblez-vous à Esther, votre personnage ?
Nous avons ce même côté à la fois fragile et extrêmement combatif. Comme les rhinocéros, je fonce là où le danger se trouve. Quand quelque chose m'angoisse, je m'y jette à corps perdu.
Vous jetez-vous aussi à corps perdu dans l'amour ?
L'économie de sentiments est la pire des choses qui soit. Raison et passion entrent souvent en conflit, mais la seconde prend le dessus. D'ailleurs, mes histoires d'amour sont toujours passionnelles.
Esther a un côté solitaire. Comme vous ?
Oui. J'ai été seule très tôt. Très aimée et entourée par mes parents, je les ai quittés à l'âge de 15 ans. Je me sens comme sur une île, dans ma vie et mon métier.
Racontez nous votre rencontre avec Francis Huster.
J'avais 14 ans, lors d'un stage d'été au cours Florent. Il avait pressenti que j'étais un petit soldat avec une grosse armure. Il m'est rentré dedans pour casser cette image de petite fille gâtée qui fait du théâtre pour son plaisir. Ce que je pouvais paraître... Et il m'a tendu la perche pour me donner envie de prouver l'inverse.
L'aviez-vous revu avant ce tournage ?
Non, et lorsque j'ai su qu'il serait mon partenaire, j'ai d'abors souhaité qu'il ne se souvienne pas de moi. Puis je me suis dit que si j'avais été choisie pour le premier rôle, c'est que je le méritais. Je n'avais rien à lui prouver ! On a abordé le sujet bien plus tard et on en a beaucoup ri.
A quoi pense une femme, actrice, dans les bras de Francis Huster ?
A Christiana ! (rires) Elle a de la chance, parce ce que c'ets un homme exquis et profondément gentil. Et je la trouve d'une beauté saisissante et d'une grande simplicité. Quel beau couple !
Vous redoutiez les scènes d'amour ?
Pas du tout. Si j'osais, je dirais même que c'était une grande partie de plaisir. On n'arrêtait pas de plaisanter.
A peine 30 ans et déjà une trentaine d'oeuvres à votre actif. Quelle bosseuse !
J'adore çà ! Je ne sais pas dire non à un projet qui m'emballe, même si, parfois, j'aurais dû me faire plus rare ou m'orienter vers des choix plus pointus. Mais j'ai un vrai besoin de diversité.
Votre duo avec Marc Lavoine vous a-t-il apporté la notoriété ?
Beaucoup de gens me connaissent plus pour ce duo que pour mon métier d'actrice... La notoriété est un cadeau. Actuellement, certains veulent la célébrité avant d'avoir prouvé leur talent.
Avez-vous d'autres projets musicaux ?
J'ai écrit des textes et des musiques pour un album qui devrait sortir à l'automne. J'ai commencé ma carrière avec une comédie musicale, et je voudrais que cette passion se concrétise par un disque qui me ressemble.
Vous êtes belle à l'écran. Etes vous consciente de votre pouvoir de séduction ?
Je m'aime mieux maintenant que j'ai perdu mes rondeurs d'ado. Depuis toute petite, je veux plaire, qu'on me regarde. Si je me sens mieux aujourd'hui, c'est probablement parce que je ne me sers plus de ma beauté comme d'un appât. Je me montre moi-même. Du coup, les vrais rapports humains commencent là où s'arrête la séduction.
Maquillage, mode... Quel style de fille êtes-vous ?
Je suis une vraie fille, et de plus en plus ! Poue les séances photo, je porte des tenues sublimes que je n'aurais jamais imaginé porter. Je commence à aimer prendre soin de moi, mais mon super_produit de beauté reste le sommeil. J'ai un besoin considérable de dormir. Une vraie gamine ! Côté fringues, je suis ravie qu'on revienne à une mode ultraféminine et sensuelle, style années 50.
Dans la série, on voit bien que vous ne portez pas de soutien-gorge ?
(Rires) J'ai découvert que c'était flagrant à l'écran ! En fait, je doute de l'efficacité de ce morceau de tissu qui empêche les muscles de faire leur travail de soutien. Je suis une "contre-pub" pour les vendeurs de soutiens-gorge !
Le tournant de la trentaine vous angoisse-t-il ?
Pas vraiment. Jeune, je m'imaginais à 25 ans avec des enfants. J'rai pris un peu de retard sur mon programme, mais donner naissance à un bout d'chou dans le bazar de ma vie actuelle serait égoïste. Je veux pouvoir l'accueillir dans un climat propice. Une seule chose m'angoisse : moi qui ai la chance d'avoir une famille unie, quand vais-je prendre le temps de fonder mon clan ?
Vous ne parlez pas du futur papa ?
Parce qu'il met du temps à se pointer ! (Rires) Il a certainement une bonne raison pour se laisser désirer, mais je suis là, je l'attends. Je trépigne parfois un peu, mais je ne désespère pas !
Vous ne devez pourtant pas manquer de prétendants...
Il n'y en a pas tant que ça...Je travaille beaucoup, je sors peu. Pour moi, il est exclu de trouver l'âme soeur dans mon milieu professionnel depuis mon histoire d'amour avec Frédéric Diefenthal. Très belle mais difficile. Pour mon équilibre, je préférerais quelqu'un dans la vraie vie, qui me protège des écarts de mon métier. Quand on vit à deux dans le microcosme des tournages, de la célébrité, des dîners...on peut facilement "péter un plomb". Alors, plutôt un médecin ou un prof...
Ou un expert-comptable...
Pourquoi pas ! (Rires) Encore que je ne sois pas très dépensière. J'ai grandi auprès de parents qui vivaient au-dessus de leurs moyens, dans une pression permanente. Du coup, j'ai développé la phobie du découvert !
Quand vous craquez, généralement c'est pour...
Les voyages ! Les souvenirs ne se démodent pas, contrairement à la petite robe haute couture.
Vous tombez facilement amoureuse ?
Aimer avec un grand A m'est rarement arrivé. Mais je peux tomber amoureuse de quelqu'un qui me touche, simplement. Heureusement, j'ouvre moins facilement mon coeur qu'avant. En revanche, quand un homme me plaît, je range mon ego au vestiaire et je le lui dis. La vie est trop courte, il faut parfois s'avouer vaincue par l'amour.
Propos recueillis par Céline Knittel. Photos Marianne Rosentiehl / H&K