Interview

 « Oui » et « La belle verte » ont été des échecs publics et critiques. Cela sous a-t-il blessée ?
J'ai trouvé les critiques justifiées même si, pour « La belle verte », j’ai été déçue. Le scénario était très beau et je pense que Coline Serreau n’a pas pu faire le film qu'elle souhaitait, pour diverses raisons.

Passer de deux comédies à l'univers sombre et hyper-réaliste de Xavier Durringer, en doit faire un choc ?
Je ne l’ai pas vraiment ressenti de cette façon. Dans « Oui » et « La belle verte » mes rôles étalent plutôt dramatiques. J'y étais utilisée, pourrait-on dire, de façon évidente: la jeune gonzesse de vingt ans qui parle et qui agit comme tel. Alors que Xavier, pour « J'irai au paradis car l’enfer est ici », m’a écrit un rôle de composition avec un personnage qui évolue.
Ce film, vous en êtes contente ?
Complètement. Je sais qu'il risque de déranger certaines personnes à cause de la violence. Mais Xavier a un tel talent de narrateur, il dirige tellement bien les comédiens que tourner avec lui a été un réel bonheur.

Vous avez quelques scènes dénudées. Question classique : comment l'avez-vous vécu ?
J'ai déjà été moins à poil que ça et beaucoup plus gênée ! Toute l'équipe a été formidable avec moi. Surtout pendant l’épisode du viol qui a été très dur à jouer d'un point de vue psychologique.

Vous chantiez le générique des « Yeux d'Hélène » à la télé et, là, vous incarnez une chanteuse, vous avez pris des cours ?
Jamais. J’ai toujours chanté, j'adore ça. Un jour, un pote guitariste, Guillaume Coignard – il va être fou s’il volt son nom dans, le journal !-, m’a demandé d'interpréter des morceaux avec lui. Puis, vers quatorze, quinze ans, je me suis produite dans un cabaret, à Senlis. Cela a été ma première expérience avec le public.

Vous avez débuté dans le métier avec « Paul et Virginie », une comédie musicale de Jean-Jacques Debout. Quel souvenir en gardez-vous ?
Un souvenir magique ! Le casting s’est passé comme dans un conte. II y avait plein de nanas sérieuses avec leurs partitions lyriques et, moi, je suis arrivée, les mains dans les poches pour chanter un morceau de Cabrel a cappella. Et j'ai été engagée !

Vous aimeriez tourner dans une comédie musicale ?
Evidemment !. « Tout le monde dit I love you », ça m’a fait rêver... Ma préférée reste tout de même « My fair lady ».

Les Etats-Unis , ça vous tente ?
J'ai envie mais je ne parle pas encore assez bien l'anglais. J'adore les superproductions et les film, de science-fiction (j’ai dû voir « La guerre des étoiles » vingt fois !) Il n’y a pas qu'au, Etats-Unis que l'on en fait.

Il parait que vous avez joué au foot dans votre jeunesse. Info ou intox ?
Intox totale! Quand j’étais petite, il m'arrivait d'y jouer avec mon grand frère, mais c'est plutôt le hand que j'ai pratiqué.

Un vrai garçon manqué !
Pas du tout. En revanche, bizarrement, quand je vais au cinéma, je m'identifie davantage aux personnages masculins que féminins. Pareil quand je lis un scénario. Je suis toujours frustrée par les rôles féminins. Ne me demandez pas pourquoi, je ne le sais pas moi-même...