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Claire Keim : Huster a changé sa vie
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Pendant cinq mois vous vous êtes mise dans la peau d’une héroïne à
laquelle il arrive des aventures dramatiques. Est-ce facile à vivre ?
Il
se trouve que l’héroïne de par son caractère était extrêmement proche de moi.
Alors je me suis laissé immerger par le personnage.
Avec tout ce qu’elle traverse, le tournage a dû être épuisant
!
C’était même d’une intensité rare. J’ai l’impression d’avoir vécu ce
qu’elle a vécu. J’étais dans une fusion totale. J’ai vraiment donné une partie
de ma vie sur ce tournage provençal. À la fin, j’étais vidée, j’avais tout
donné, je n’avais plus rien à dire. J’étais comme une coquille vide.
Heureusement que, sur le tournage, les comédiens étaient un peu comme ma
famille.
Vous en connaissiez beaucoup ?
Il y avait déjà ceux qui étaient
dans mon premier feuilleton, Les Yeux d’Hélène. Michel Duchaussoy, Jean-Pierre
Bouvier… J’avais déjà été dirigée par le réalisateur Claude-Michel Rome. J’ai
été ravie qu’Aurore Clément fasse partie de la distribution et de retrouver
Stephan Guerin Tillié qui est un acteur de ma génération. Et aussi Tom Novembre.
C’était un bonheur.
Et Francis Huster ?
Cela a vraiment été formidable entre nous. Je
dirais de lui que c’est un pitbull jusqu’au-boutiste mais très drôle. Et que
moi, je suis un petit combattant à fleur de peau et un bulldozer en même temps.
Nous étions concernés à 200 % par le scénario. Et, cette histoire, on l’a
vraiment vécue ensemble. Chacun de nous deux a rassemblé tous ses fantasmes pour
les balancer dans ce feuilleton.
Vous aviez déjà travaillé ensemble ?
Je l’avais rencontré il y a
quinze ans alors que je faisais un stage au cours Florent. J’avais été
impressionnée. En plus, comme j’étais déjà un peu rebelle, il m’avait prise
comme contre-exemple et j’avais passé un mauvais quart d’heure devant les
autres. Mais au fond, il ne fait rien au hasard. S’ils vous déstabilise, c’est
pour votre bien. C’est un conseiller merveilleux. D’ailleurs, je le laissais
regarder les rushes pour moi.
Vous ne vouliez pas le faire vous-même ?
Je n’ai pas encore assez
de recul pour me voir sans me juger. Je ne vois que ce qui cloche. Alors je m’en
remettais au réalisateur et à Francis.
Décidément Francis a été omniprésent.
Il a douze mille idées à la
seconde, de l’instinct en plus de son talent. Il a une telle clairvoyance. Il
pourrait être médium. En plus, il est tellement drôle. C’est une vraie
rencontre. Un homme que j’aime. Que je considère vraiment comme un ami
maintenant. Sans lui, je n’aurais pas été aussi sereine.
Vous avez une scène assez torride où vous êtes nus. Cela ne vous a pas
posé de problème ?
Pas une seconde. Pour nous, ce fut plutôt une scène
humoristique. Francis Huster tourne tout en dérision, il s’amuse de tout. Il est
du genre à garder ses chaussettes pour faire rire l’équipe. Si j’osais, je
dirais que cette scène fut une partie de plaisir !
L’entourage est important pour vous sur un tournage ?
C’est bien
simple, si je ne suis pas heureuse, mon jeu s’en ressent ! Et pour être heureuse
j’ai besoin de mes habitudes, de mes proches. J’avais donc loué une maison.
C’était plus facile pour garder mes repères, pour avoir mon clan pas loin. Ce
temps de récupération est précieux. J’ai besoin aussi de jouer de la musique.
Comme je ne pouvais pas emporter mon piano, je me suis mise à la guitare. Et
puis je tenais absolument à avoir mon chat pour me tenir compagnie.
Vous l’avez depuis longtemps.
Deux ou trois ans. C’était un pauvre
chat abandonné plusieurs fois que l’on m’a confié et que j’ai gardé. On se
sépare le moins possible.
La série s’intitule Zodiaque. Vous croyez aux signes astrologiques
?
Disons que je ne peux pas m’empêcher de lire l’horoscope dans les
magazines que je lis. J’y trouve ce que j’ai envie d’y trouver. Mais je suis
davantage passionnée par les chamans, le pouvoir des plantes, l’ADN… C’est plus
proche de moi que les étoiles.
Qu’avez-vous fait après le tournage de Zodiaque ?
J’ai récupéré !
Mais depuis je me consacre à mon autre passion, la musique. Je joue du piano
tous les jours et je travaille à présent sur mon premier album.
En faisant vos débuts dans la comédie musicale de Jean-Jacques Debout,
Paul et Virginie, vous avez effectivement placé votre carrière sous le signe de
la musique !
Ensuite j’ai chanté sur le générique des Yeux d’Hélène, j’ai
composé la musique de The Girl, un film américain qui se déroulait dans
l’univers du jazz, j’ai été chanteuse de cabaret dans un autre film, J’irai au
paradis et j’ai enregistré aussi une chanson avec Marc Lavoine, « Je ne veux
qu’elle », que j’ai chantée avec lui sur scène au printemps 2003. Alors,
maintenant, j’écris et je compose un peu mes propres chansons.
D’où vous vient votre inspiration ?
Je me sers de moi comme outil
de base. J’écris des chansons simples mais très personnelles, influencées par ma
vie, par les gens que j’aime.
Vous avez toujours aimé chanter ?
Lorsque j’étais petite, je
faisais la radio à mes parents. Je chantais toutes les chansons, quel que soit
leur style. J’étais un vrai juke-box !
Quand pourra-t-on écouter cet album ?
Cet automne si tout va bien.
Je me concentre énormément dessus, mais j’ai hâte aussi que le feuilleton soit
diffusé. Je suis pressée de savoir s’il va plaire au public. Moi, je sais que
lorsque j’ai lu le scénario, j’ai passé une nuit blanche. Je ne pouvais pas
sortir de cette histoire sans connaître la fin. Ça me fait penser à des séries
comme Twin Peaks ou 24.
Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je me sens mieux à 30 ans qu’à
20. J’ai l’impression d’être plus heureuse aujourd’hui.
Toujours célibataire ?
Oui.
Endurcie ?
Non, douce. Maintenant, je sais que je n’ai plus besoin
d’être à deux pour être heureuse.
Quel est votre truc pour combattre le blues ?
Je me fais un gâteau.
À n’importe quelle heure. Parfois tard le soir. Cela me détend. Et je me dis
qu’au moins en me levant j’aurai quelque chose de bon pour mon
petit-déjeuner.
Elisabeth Perrin