CV de star VSD
Actrice et chanteuse, elle est montée sur les planches d'un cabaret à 14 ans. Décidée à devenir actrice, elle a résisté à tout, même aux humiliations de Francis Huster.
Naissance le 8 juillet 1975, à Senlis (Oise), de Claire
Keim. Son père est architecte, sa mère chirurgien-dentiste. Elle a un frère,
Frédéric (son aîné de deux ans). Ses parents choisissent de la prénommer ainsi
après avoir vu Le Genou de Claire, un film d'Éric Rohmer, et lu Claire, un livre
de Jacques Chardonne. À 12 ans, elle tente de lire cette histoire de jeune fille
romantique mais n'y a jamais rien compris.
Surnom - "Calimero". Même voix que le héros
souffre-douleur du dessin animé, et surtout, même sens de la justice. L'élève
répète à longueur de temps : " C'est vraiment trop injuste ! " Ainsi, en classe
de CM2, elle lance à l'institutrice : " Vous faites du favoritisme ! " Ulcérée,
l'enseignante la plaque contre un poteau du préau et lui intime l'ordre de
retirer ce qu'elle vient de dire.
L'apprentissage - Elle a 14 ans lorsqu'un copain de son
frère, qui l'avait entendue chanter lors d'une soirée, lui propose de se
produire dans un cabaret des alentours, La Belle Époque. Claire devient la
vedette du caboulot pour camionneurs. Un soir, son prof de physique est dans la
salle et, le lendemain, il raconte ce qu'il a vu. Des rumeurs se propagent
aussitôt sur l'inconscience des parents Keim, qui font trimer leur fille. À
chaque conseil de classe, ils se font épingler. Ils s'en moquent et préfèrent
privilégier l'épanouissement de leur fille.
Premier autographe - Après un voyage de nuit en avion,
Claire se remaquille avant de descendre. Dans l'ascenseur de l'aéroport, un
homme l'observe avec insistance : " Pourrais-je avoir un autographe ? "
Complètement dans le coaltar et étonnée d'être reconnue, elle signe. Dans le
taxi, elle découvre avec stupeur, en se regardant dans le rétro, qu'elle s'était
maquillée à la truelle. On aurait dit un clown.
Permis - Elle commet six fautes lorsqu'elle passe le
code la route. C'est une de trop, mais l'examinateur se montre étonnamment
conciliant : " Redites-moi bonjour ", lui demande-t-il. " J'aime bien votre
voix, se justifie-t-il. Je suis un passionné de Léo Ferré, j'ai un recueil des
paroles de ses chansons, j'aimerais que vous me les lisiez et que vous vous
enregistriez sur une cassette. " Claire accepte et obtient son code en
échange.
Permis 2 - Lorsqu'elle passe l'examen de conduite, elle
retrouve le même moniteur. Honteuse car elle ne lui avait pas rendu son livre et
n'avait toujours rien enregistré. Elle ne réussit pas son créneau et s'attend à
être recalée, mais le fan de Ferré lui tend le papier rose. " Surtout, n'oublie
pas ce que je t'ai demandé. " Elle ne lui a jamais renvoyé quoi que ce soit,
mais a toujours le livre chez elle.
Dolce vita - À 22 ans, Claire vit un gros chagrin
d'amour à Paris. Elle demande à son agent de lui trouver du boulot, loin. " Il y
a bien un projet italien, mais tu ne parles pas la langue. " " Dans deux
semaines, pour les essais, je saurai ! " Aidée par un ami italien qui l'avait
fait répéter, elle se rend au casting. " Vous ne parlez pas italien ! ", lui
rétorque-t-on. " Non, mais il faut que je décroche ce rôle ! " Elle fera le film
Matrimoni et, un mois après, en tournera un autre là-bas.
Son meilleur ennemi - À 14 ans, elle s'inscrit à un
stage d'été au Cours Florent. Francis Huster intervient en fin de session.
Claire joue une scène de L'Éveil du printemps, de Frank Wedekind, devant
l'acteur. Il la dénigre en public en la qualifiant de " petite fille bourgeoise
qui veut faire du théâtre parce qu'elle s'ennuie ". Cette humiliation lui
donnera la force de continuer.
Son meilleur ennemi 2 - Quatorze ans plus tard, à la veille du premier jour de tournage de Zodiaque, elle recroise pour la première fois Huster. Il est assis face à elle, à table. À côté des comédiens, tous les pontes de TF1. Soudain, l'acteur lui lance : " Tu vois ce que tu as fait jusqu'ici ? C'est nul ! Il faut faire exactement l'inverse ! " Le cauchemar recommence. Mais cette fois-ci, Claire ne se démonte pas et lui parle des navets qu'il a tournés dans sa carrière. Après cette mise au point, les cinq mois de tournage furent un vrai bonheur. Huster l'avait sciemment déstabilisée pour la galvaniser.
© VSD - 2004