Avez-vous eu un coup de coeur pour un endroit?
Quand on a tourné du côté de Leysin, j'ai fait une marche de 22 km, en passant par la Tour-d'Aï, la Grande-Crevasse, Prafandaz, Corbeyrier... Quand je suis retournée à Leysin, il faisait nuit. Seul dans la montagne, on a un vague sentiment de peur, mais, en même temps, c'est l'endroit qu'il faut craindre le moins du monde, car les villes sont beaucoup plus dangereuses que la nature. J'ai eu la chance de voir un chamois, ce qui ne m'était plus arrivé depuis quinze ans en France. Vous avez une faune et une flore hallucinantes. Quand nous tournions près des Diablerets, j'ai vu une centaine d'edelweiss. C'est incroyable pour une fleur si rare!

Y a-t-il une ressemblance entre Esther et Claire?
Oui, dans la façon de lutter. Parce qu'avec tout ce qui arrive à Esther, ces morts, ces enlèvements, ces menaces... Si je joue tout le film au premier degré, je passe mon temps sous tranquillisants et je ne sors plus de ma chambre.

Votre lutte, c'est l'environnement, puisque vous êtes ambassadrice auprès de la Fondation Nicolas Hulot. Pourquoi ce choix?
Je ne peux pas accepter que l'on ne fasse rien, alors que la nature est agressée en permanence. Sur le tournage, je fais la guerre à tout le monde pour ne pas jeter par terre les mégots de cigarettes, les papiers. Dans mon immeuble, j'ai instauré le tri sélectif, j'essaie de circuler à vélo dans Paris et de ne pas prendre ma voiture. Pour moi, c'est une forme d'action. Mon personnage d'Esther est amoureux de la vie, c'est pour cela qu'elle peut si bien la défendre.

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